Théâtre: Happy-end, la troublante histoire d’un enfant battu

Article de Damien Bancal

Livre Happy EndÉmouvant, choquant, remuant, bref, incontournable que la pièce HAPPY-END de la compagnie théâtrale Filages. Une troupe du Nord de la France qui s’est penchée sur les textes de Bertrand Ferrier. L’auteur, diffusé aux Editions du Rouergue Collection DOADO, retrace le long calvaire d’un môme de 14 ans. Un jeune garçon battu pas son père, mis plus bas que terre par une mère hystérique. Comme le dit l’auteur, « si vous aimez les happy-end, arrêtez-vous ici ». Et effectivement, âmes sensibles, s’abstenir… ou pas !

 Non pas que la violence soit visible, elle est même parfaitement mise en scène par Thierry Moral, acteur et metteur en scène de ce livre. Non, c’est même plus fort que ça. Les mots, la tentative de l’enfant de se sortir de son calvaire par le rêve, le trouble qu’il tente de garder à la vue. Les mots raisonnent comme les coups reçus par le pré-adolescent.

Dés le début, la pièce exploite à merveille les phrases, courtes, cinglantes. Ça vous dresse le poil et vous met mal à l’aise quand le public commence à rire de quelques notes de fraicheur… qui n’en sont pas. IL et ELLES (les parents bourreaux) lui font vivre un calvaire. Le spectateurs vit ce calvaire, de l’intérieur. Sur scène, une cage de fer et une chaise qui se modulent comme l’évolution de cet enfant devenu trop vite adulte. Un cage qui s’ouvre au fur et à mesure pour une fin… Une fin que vous devez découvrir par vous même.

Le livre met mal à l’aise, la pièce aussi. Met l’efficacité de Thierry Moral et la lumière, véritable second rôle, de Steve Delru font que ce môme, on veut l’attraper, le sortir de là. On cherche ce « putain » de Happy-end. Une pièce coup de poing qui permet de ne plus se cacher derrière ce voile qui masque nos faces de bien pensant.

 Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous voulez regarder ce môme droit dans les yeux.

Le site de la Compagnie Filages.

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