Balbino Medellin, le colosse au son d’or

Article de Damien Bancal

Balbino-miniRencontre avec un chanteur atypique, Balbino Medellin. Une armoire à glace dans une tête bien faite. Un chanteur populaire, mêlant subtilement des textes incisifs, aux sonorités rock et gitanes. Un gars de la rue qui sait monter le verbe haut. Nous l’avons croisé sur les planches d’un concert qu’il a donné, début décembre, dans le nord de la France.

Ce chanteur, au premier regard, nous fait penser à un autre aventurier du mot. Une autre gueule cassée par le temps, l’expérience et les rencontres, Bernard Lavilliers. Il faut dire aussi que ces deux là se connaissent bien. Le second ayant pris en main la destinée musicale du premier. Influencé par les cultures espagnoles et gitanes, Balbino Medellin est le titi parisien comme on l’imagine. Loin d’être péjoratif, on retrouve dans sa façon de parler, de bouger, un parisien pure souche. Un musicien de la rue, né voilà 30 ans à Épinay-sur-Seine.

Balbino Medellin est un traqueur, le voir, avant de monter sur scéne est assez étonnant. Il veut tout donner… et il donne tout à son public. Une fois qu’il lâche le démon qui est en lui, celui de la musique et des phrases qui font mouche, l’artiste prend le pouvoir sur l’homme, caché derrière ses tatouages… ou le contraire !

Un baroudeur de la scène que ce musicien. Il a participé à l’album « Les Animals » de Mano Solo en 2004. Il fait son apparition sonore dans le titre « La main d’or » publié dans l’album public de Bernard Lavilliers, nous sommes alors en 2005 [Voir la vidéo, ci-dessous, NDR].


LES MAINS D’OR (Avec Bernard Lavilliers)
Depuis, Balbino Medellin continue d’apprendre. En 2006, il sort son premier album, Gitan de Paname. En 2008, sous l’impulsion de Bernard Lavilliers, il propose à nos oreilles engourdies par une chanson Français sans grande saveur « Le soleil et l’ouvrier » (Barclay). C’est d’ailleurs celui-ci qu’il défend sur les planches des salles de spectacle qui le courtise. Une galette émouvante, forte, puissante même. Bref, il travaille encore, il travaille encore à forger cet acier rouge avec sa guitare d’or.

Comme le dit Lavilliers dans la préface du disque « Le soleil et l’ouvrier » : « C’est un disque intemporel, acoustique. Les guitares prisent de très près, chaudes et violentes, rondes ou cinglantes. On entend les doigts et la respiration de la Catalogne. »

Bref, si vous voulez croiser le fer avec ce chanteur unique, et son talentueux accordéoniste René Michel, les prochaines dates devraient vous ravir. 15 janvier à Brive; Le 28 janvier à Luçon; 15 février au Festival les Voix de la Liberté Louvain-la-neuve; Le 6 mars à Chambour-sur-Indre ou encore le 23 avril au Palais de la Mutualité de Lyon.

A noter que Balbino Medellin peaufine son troisième album, en ce moment. Une galette qui devrait mettre un peu de baume au cœur à la chanson française.

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