Non au kolkhoze musical

Article de Redaction

disqueDenis Ladegaillerie, de Belevie Digital, alerte sur les dangers de la gestion collective de la musique numérique et dénonce les effets pervers de l’ultra régulation du marché proposée par le Rapport Zelnick. S’il est indéniable que les recommandations du rapport Zelnick, comme l’amélioration de dispositifs existants (type crédit d’impôt) ou la création d’une carte jeune vont dans le bon sens, il n’en est pas de même pour la gestion collective qui, mise en place, ne pourra qu’avoir l’effet inverse de celui recherché.

La commission part du principe que les offres en France ne sont pas suffisamment développées faute aux principaux détenteurs de catalogues (les 4 majors) qui imposent des conditions économiques trop défavorables aux distributeurs. Ne disposant pas de marges financières suffisantes, ceux-ci ne peuvent se développer ou même juste émerger sur le marché. Toujours selon la commission, cette main mise des majors sur le marché impose aux indépendants d’accepter des conditions plus défavorables que celles des grands labels (il faut bien que les distributeurs reconstituent leurs marges) ce qui va jusqu’à empêcher les petits labels de rendre disponible leur musique sur certains services.
 
Pour remédier à ce problème, la commission ne propose rien de moins que de collectiviser les ventes numériques d’albums en France ! Une centrale d’achat nationale de titres numériques serait constituée pour les négocier et les redistribuer ensuite.
 
Si le fond de l’analyse réalisée par la commission Zelnick est juste quand il indique que le marché français est insuffisamment développé comparé au marché américain, par exemple, le diagnostic, lui, est erroné.
 
Avec une loi pour lutter contre le téléchargement illégal, des technologies au point, des services et des prix accessibles, des catalogues intégralement disponibles et des investisseurs convaincus, toutes les conditions du développement du marché sont désormais parfaitement réunies pour les consommateurs. Les artistes ne sont pas en reste. N’importe quel artiste, y compris des musiciens occasionnels, peut à présent vendre ou faire découvrir sa musique sur les services légaux comme Zimbalam. Grâce à eux, la rémunération des artistes sur le numérique n’a jamais été aussi élevée en pourcentage du prix de vente.
 
Collectiviser de la gestion numérique serait un grave retour en arrière !
Pour quelle raison pratique ou idéologique, la vente du même CD serait-elle soumise aux régulations naturelles du marché pour le support physique et à la gestion collective pour le support numérique ?  La gestion collective sacrifierait aussi la liberté individuelle des artistes de choisir ou et comment distribuer leurs œuvres !
Elle ignore également un des fondamentaux de l’économie des médias : la capacité à fixer le prix et des règles d’utilisation des contenus. Comment peut-on gérer des opérations commerciales comme une sélection d’albums de noël à prix réduit dans le cadre d’une gestion collective ? Comment expliquer à Patrick Frémeaux qu’il est obligé de rendre disponible l’intégralité de « l’Histoire de la contre-philosophie » de Michel Onfray en écoute gratuite sur Deezer sans lui expliquer que la rémunération qu’il percevra le rendra incapable de financer la production du prochain volume de la série ?
Enfin la gestion collective c’est supprimer la capacité des maisons des disques et des artistes à savoir où, quand, comment, et par qui sont écoutés leurs disques. Perdre cette information c’est perdre la réactivité nécessaire pour promouvoir l’artiste et courir le risque de mettre les labels dans une position financière encore plus difficile.
 
« Toutes les conditions sont désormais réunies pour que le marché de la musique numérique se développe. L’idée de renforcer les systèmes existants ou de mettre en place une la carte jeune va dans le sens de l’histoire, mais la mise en oeuvre d’une gestion collective réduirait fortement le bénéfice de ces mesures ! C’est pourquoi nous demandons l’abandon définitif de cette proposition », explique Denis Ladegaillerie, Président Directeur Général de Believe Digital 1er label de musique numérique en Europe
 
A propos de Believe Digital

Believe Digital est le premier Label Digital européen. Sa philosophie et ses innovations technologiques définissent les nouveaux modes de consommation de la musique, en phase avec les attentes des artistes et des nouveaux réseaux de distribution numérique.
Alternative attractive et à forte valeur ajoutée, Believe Digital dispose d’équipes, de technologies et d’une expertise du marketing et de la promotion au service des artistes et d’accords de distribution avec les principaux services de téléchargement en Europe et en Amérique du Nord.
 
Ils font confiance à Believe Digital

Les Labels
Fargo, Yellow Productions, Bang!, Comet, Kill the DJ, Makasound, Versatile, Osmose, Listenable, Radio FG, Ya Basta!, Twin Fizz Records, Sub Rosa, Records Maker, Cezame, Buda, Cristal Records, France Television, Dom, Iris, Frémeaux & Associés, Junkadelic Music, Neochrome, Lucky Planet, Ocora/Radio France, Oriki Music, Red Records, Studio Canal, L’Oz Productions…

Les Artistes
AaRON, Alela Diane, Andrew Bird, Barbara Hendricks, Bill Laswell, Bob Sinclar, Chin Chin, Chloé, Cocosuma, Femi Kuti, David Vendetta, Dj Cam, Emily Loizeau, Rubin Steiner, Gloria Gaynor, Idaho, Jazz Liberatorz, Jestofunk, Kassav, Magma, Mahmoud Ahmed, Martin Solveig, Matt Elliot, Mayhem, MC Solaar, Mulatu, Sébastien Tellier, Soko, Yvan Smagghe, Patricia Kaas, Benjamin Siksou, Tom Frager, Emilie Satt…

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One Response to “Non au kolkhoze musical”

  1. êtes vous également satisfait de l’appel au « filtrage sans délais » émit par notre président lors de la présentation de ses voeux à la culture ?
    avez vous calculé à combien reviendra à l’état les cartes jeunes à 200€ ? la moitié revenant à l’état donc… environs 600 000 € / an, rien de moins, exorbitant… un sacré cadeau en effet, plus que ce que rapporte l’ « industrie » (oui c’est devenue une industrie aujourd’hui…) musicale.
    c’est la crise, le savez vous ?
    méfiez vous des retours de bâton.

    #210

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